L’intervention publique dans le domaine de l’insertion par l’activité économique : un équilibre difficile à trouver
Née à la fin des années 1970 d’initiatives d’acteurs de terrain (souvent des travailleurs sociaux), l’insertion par l'activité économique (IAE) est aujourd’hui inscrite dans le droit du travail.
C’est dans la loi contre les exclusions du 29.07.1998 que l’objet de l’insertion par l'activité économique a été pour la première fois légalement défini : “ l’insertion par l'activité économique a pour objet de permettre à des personnes sans emploi, rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières, de bénéficier de contrats de travail en vue de faciliter leur insertion sociale et professionnelle. Elle met en œuvre des modalités spécifiques d’accueil et d’accompagnement ”[1].
Une définition centrée sur la fonction de lutte contre l’exclusion de l’insertion par l'activité économique, fonction essentielle mais qui masque le rôle – tout aussi important – joué par l’IAE dans le développement local.
L’insertion
par l'activité économique, par sa double nature économique et sociale, bouscule
les clivages habituels.
Elle fait partie de l’économie sociale tout en adoptant parfois des structures juridiques classiques.
Elle
relève de l’économie plurielle (au sens de Jean-Louis Laville) dans la mesure
où elle combine économie marchande (activité en secteur concurrentiel), non
marchande (financement en partie public et finalité non lucrative), et souvent
non monétaire (bénévolat).
Les
pouvoirs publics sont le plus souvent intervenus en aval des réalisations
concrètes, avec le souci de réglementer un secteur qui leur échappait, une
attitude qui peut préfigurer celle à l’égard des SEL ou de l’épargne solidaire.
Aujourd’hui,
les interventions publiques dans le domaine de l’insertion par l’activité
économique oscillent entre soutien et instrumentalisation, entre encadrement et
contrainte, tant au plan local qu’au niveau national.
D’autres
communications étant consacrées aux politiques locales, nous nous intéresserons
à la loi contre les exclusions de 1998, dans laquelle le législateur a souhaité
une réforme du secteur de l’IAE.
Cette volonté de clarification, nécessaire par
certains aspects pour tenter d’éviter des dérives, a donné lieu selon nous à
l’élaboration de procédures qui risquent d’avoir des effets pervers, effets que
nous essaierons de mesurer à travers l’étude de la situation dans la région
Languedoc-Roussillon.
Il
ne s’agit pas ici de définir ce que devrait être une “ bonne ”
politique publique en matière d’insertion par l'activité économique, ni de poser
des jugements sur les comportements des différents acteurs (structures, publics
et partenaires). Mais une réflexion sur les enjeux de ces comportements
apparaît nécessaire pour tenter de trouver un équilibre entre les acteurs de
l’IAE, dans l’intérêt des publics concernés. Nous essaierons dans un troisième
temps d’explorer quelques axes de réflexion
qui nous semblent essentiels.
1.
PANORAMA DE L’INSERTION PAR L’ACTIVITE ECONOMIQUE EN LANGUEDOC ROUSSILLON
Malgré
un taux de chômage particulièrement élevé (16 % en juin 1999 contre 11,5 % au
niveau national), le développement de l’insertion par l’activité économique est
relativement récent dans la région ; cela est sans doute en partie du à
l’attitude des pouvoirs publics locaux, restés longtemps indifférents à ce
secteur (c’est encore le cas au niveau de la Région).
Nous
avons utilisé pour cet “ état des lieux ” des données recueillies
auprès des “ têtes de réseaux ” régionales, Union Régionale des
Entreprises d’Insertion (UREI) et Coorace[2].
Une
enquête a été lancée en septembre 1998 auprès des structures de la région
(entreprises d’insertion, associations intermédiaires et régies de quartier).
Sur 83 structures identifiées alors, seules 16 ont répondu à notre
questionnaire (Voir Annexe).
· Les
entreprises d’insertion (EI)
Au
31.12.1998, on compte 32 entreprises d’insertion (dont 5 ETTI[3]) dans la région Languedoc-Roussillon, pour 161 postes
en insertion et 9,5 postes d’encadrants en ETTI, soit une moyenne de 5,96
postes en insertion par EI hors intérim.
- Les statuts juridiques des EI[4]
Les
entreprises d’insertion en Languedoc-Roussillon ont davantage adopté le statut
de SARL qu’au niveau national (44 % des EI en Languedoc-Roussillon contre 21 %
au niveau national). Il semble que les créations les plus récentes se soient
davantage tournées d’emblée vers un statut commercial. Les associations
relevant de la loi de 1901 représentent 38 % des EI contre 58 % parmi les
adhérents du CNEI au plan national.
- Les secteurs d’activités des EI
La
répartition des EI selon les secteurs d’activités – en fonction de l’activité
principale – est sensiblement la même qu’au niveau national.
Par
contre, on ne retrouve pas la tendance à la spécialisation observée dans
l’ensemble du pays, les EI de la région ayant le plus souvent plusieurs
activités ; ceci est sans doute dû à leur petite taille.
- Les
résultats
En
1997 selon la Dares, au plan national, 38 % des personnes sortant d’entreprise
d’insertion sont en emploi, dont 75 % non aidé, moitié en CDI et en CDD ;
moins de 3 sur 10 sont inscrites à l’ANPE, une sur dix en formation, deux dans
diverses situations : service militaire, réincarcération, cure de
désintoxication, maladie… ou la structure est sans nouvelles de la personne.
Pour
les ETTI, d’après une enquête effectuée en 1996, 52 % des sorties se font en
emploi aidé ou non aidé ou en mission d’intérim, 8 % en formation.
L’UREI
Languedoc-Roussillon annonce en 1996 des résultats supérieurs à la
moyenne nationale : 68 % des sorties en emploi, 17 % en formation.
Une
explication possible est la relative petite taille des EI de la région
Languedoc-Roussillon, qui comptent en moyenne moins de 6 postes d’insertion,
contre 13 au niveau national, ce qui peut laisser supposer un meilleur
accompagnement.
· Les
associations intermédiaires
- Données générales
En
mars 1999, on compte 52 associations intermédiaires dans la région.
Le
taux de mise à disposition (par rapport aux personnes accueillies) est
légèrement supérieur au taux national. Là encore, la petite taille des
structures semble permettre d’assurer un placement plus important des
personnes.
Associations intermédiaires (au 31.12.97)
|
|
Languedoc Roussillon |
France |
|
Personnes accueillies |
Env. 40 000 |
Env. 600 000 |
|
Mises à disposition (MAD)
Nombre de personnes |
11 153 |
|
|
Taux de MAD (/accueil) |
42 % |
37 % |
|
Heures travaillées |
2 253 722 |
41 000 000 |
|
Moyenne annuelle / salarié
MAD |
202 |
186 |
|
Equivalent Temps Plein* |
1 111 |
20 419 |
*
1 ETP = 1820 heures
Sources :
Coorace national et régional
- Les secteurs d’activités des AI
La
répartition des heures travaillées des associations intermédiaires révèle deux
spécificités : l’importance des heures effectuées dans le secteur agricole
et de l’environnement (33 % des heures travaillées dans la région contre moins
de 8 % au niveau national), ainsi que dans le secteur de l’animation sportive
(12 % en Languedoc-Roussillon contre 2 % au niveau national).
Dans
ce dernier cas, il s’agit d’associations “ profession sport ”
pilotées par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, qui peuvent bénéficier
du statut d’associations intermédiaires mais s’adressent à des publics
spécifiques d’animateurs sportifs.
- Les salariés mis à disposition :
Sur
l’ensemble de la région Languedoc-Roussillon, les profils des salariés mis à
disposition sont proches des profils au niveau national.
Sur
l’échantillon des associations intermédiaires ayant répondu à notre enquête en
septembre 1998, on voit par contre apparaître assez nettement les différences
selon les secteurs d’activité : les associations profession sport
s’adressent à des publics plus jeunes, et relativement moins en
difficulté ; les associations intermédiaires intervenant dans le secteur
agricole par contre ont des publics plutôt plus âgés et plus souvent chômeurs
de longue durée.
Les
résultats observés sur les autres AI enquêtées sont plutôt décalés par rapport
à ceux établis au niveau régional, ce qui laisse penser que les réponses
obtenues ne sont pas très représentatives...
Les salariés mis à disposition par les associations
intermédiaires (au 31.12.97)
|
|
Hommes |
Femmes |
< 25 ans |
25-49ans |
>=50 ans |
CLD* |
RMI* |
|
Moyenne
en France |
49 |
51 |
30,8 |
61 |
8,2 |
37,2 |
13,5 |
|
Moyenne
en LR |
45 |
55 |
23 |
68 |
9 |
23 |
14 |
|
AI
profession sport (enquête) |
47 |
53 |
43 |
52 |
5 |
nd |
5 |
|
AI
secteur agricole (enquête) |
74 |
26 |
19 |
69 |
12 |
78 |
30 |
|
Autres
AI (enquête) |
59 |
41 |
29 |
64 |
7 |
50 |
25 |
Sources :
Coorace national et régional, enquête réalisée en septembre 1998
*
Chômeurs de longue durée et bénéficiaires du RMI
- Les résultats
En
1997 au niveau national, selon la Dares, 38 % des salariés mis à disposition
ont quitté la structure, dont 21 % en emploi (contre 19,7 % en 1996), 4 %
en stage de formation ; 13,1 % dans d’autres situations, dont 1,9 %
inactifs, 1,8 % dans d’autres situations connues, 9,4 % sans nouvelles.
Le
Coorace Languedoc-Roussillon annonce que pour 1997, 19 % des personnes
mises à disposition ont retrouvé un emploi soit 2158 personnes, dont près de 30
% en CDI ; 2,5 % étaient en formation.
· Les autres
structures
- Les régies de quartier
Il
existe 4 régies de quartier dans la région, réparties sur les départements du
Gard (une régie en cours de transformation partielle en EI) et de l’Hérault.
- Les Groupements d’employeurs pour
l’insertion et la qualification (GEIQ)
Quatre
GEIQ sont labellisés (1 dans le Gard, 3 dans l’Hérault), tous quatre dans le
secteur du bâtiment.
- Les structures de la FNARS
Au 21.06.1999, le FNARS compte en Languedoc-Roussillon
38 associations et 49 établissements dont 18 CHRS, 12 structures d’accueil,
mais aussi une quinzaine d’associations d’insertion, associations
intermédiaires...
L’insertion
par l'activité économique en Languedoc-Roussillon comprend donc des structures
peu nombreuses, et relativement isolées ; il y a d’ailleurs peu
d’ensembliers dans la région (au plus une demi-douzaine à notre connaissance).
Mais les résultats en termes d’emploi sont aussi bons ou meilleurs qu’au plan
national.
Cet état des lieux est déjà modifié avec l’application
de la loi contre les exclusions.
2.
LES DISPOSITIONS DE LA LOI CONTRE LES EXCLUSIONS ET LEURS EFFETS
Nous n’étudierons pas ici l’ensemble de la loi n°
98-657 du 29 juillet 1998 d’orientation relative à la lutte contre les
exclusions, mais seulement les dispositions relatives à l’insertion par
l’activité économique contenues dans la loi et ses textes d’application. Les
commentaires que nous pouvons faire concernent donc seulement ce domaine et ne
remettent pas en question la nécessité de cette loi ni les aspects positifs
qu’elle peut contenir par ailleurs.
21. Les
objectifs de la réforme de l’insertion par l’activité économique
Les articles 11 à 20 de la
loi ( Article L 322-4-16 du code du travail) définissent les grandes lignes de
la réforme du secteur de l’insertion par l’activité économique.
Ils ont été complétés par 6
décrets et 3 arrêtés publiés entre février et août 1999.
La
circulaire DGEFP (Direction Générale de l’emploi et de la formation
professionnelle) 99-17 du 26 mars 1999 a précisé les modalités de mise en œuvre
de la réforme. Les citations qui suivent en sont extraites.
La
circulaire réaffirme :
-
la fonction de sas des structures de l’insertion par l'activité
économique : “ Ce passage par
les structures d’insertion par l'activité économique doit s’inscrire dans le
cadre d’un parcours d’insertion visant à permettre à la personne considérée
d’accéder à une formation qualifiante, de trouver ou de retrouver un emploi
dans les conditions normales du marché du travail ”,
-
le rôle de l'Etat qui “ consiste à
accompagner, encourager et faciliter la pérennisation de ces initiatives
locales ”.
Pour
mettre en œuvre cette orientation, des conseils départementaux de l’IAE (CDIAE)
ont été mis en place, qui doivent associer tous les acteurs de l’insertion par
l'activité économique.
Les
attributions des CDIAE comportent deux aspects :
- un rôle de pilotage des actions en faveur de
l'insertion au niveau départemental,
-
un rôle consultatif auprès du préfet pour le conventionnement des structures et
le recours au Fonds départemental pour l'insertion : le CDIAE donne son
avis sur les demandes de conventionnement émises par les structures relevant du
secteur de l'insertion par l'activité économique.
Les
conseils départementaux sont composés de cinq collèges de cinq membres
représentant respectivement l'Etat, les collectivités territoriales, les
organisations professionnelles ou interprofessionnelles, les organisations
syndicales de salariés représentatives, ainsi que les personnalités
qualifiées ; les structures de l’insertion par l’activité économique ne
peuvent donc être présentes que par le biais des personnes qualifiées...
22. Un
soutien sélectif aux structures
· Les aides de
l’Etat : davantage de subventions, sauf pour les associations
intermédiaires
- Pour les entreprises d’insertion
L’aide
par poste conventionné (équivalent temps plein) est passée de 38 000 à 50 000 F
maximum par an.
Les
EI peuvent également avoir recours à d'autres types de dispositifs, notamment
les contrats en alternance et le contrat initiative emploi ; dans ces cas,
les embauches ne sont pas soumises à l'obligation d'agrément des personnes par
l'ANPE et elles n'ouvrent pas droit aux aides spécifiques aux EI.
Par
contre, “ en aucun cas la conclusion
de contrats aidés au titre des articles L.322-4-7 (CES) ou L.322-4-8-1 (CEC) ne
peut être accordée aux entreprises d'insertion, y compris celles qui exercent
leur activité sous forme associative ”.
- Pour les entreprises de travail
temporaire d’insertion
L’aide
est fixée à 120 000 F maximum par an et par poste d'accompagnement.
L'accompagnement
doit être assuré par un ou plusieurs salariés, en principe permanents de
l'établissement, avec un taux d'encadrement d'un responsable pour 12 salariés
en insertion en équivalent temps plein.
Les
ETTI peuvent dans certaines conditions “ sous-traiter ”
l’accompagnement social des salariés en insertion, en particulier à une
association intermédiaire.
- Pour les associations intermédiaires
Il
n’est toujours pas prévu d’aide spécifique aux associations intermédiaires (en
dehors des exonérations de charges sociales) : les financements éventuels
sont laissés à l’appréciation des Directions Départementales de l’Action
Sanitaire et Sociale (DDASS), Fonds Départementaux pour l’Insertion (FDI), PLIE
et aux collectivités locales.
La
mission d’accueil des AI est reconnue dans les textes comme étant essentielle,
et même réglementée (la circulaire impose “ une permanence équivalente au moins à trois jours par semaine ”)
sans pour autant donner lieu à un soutien financier de l’Etat.
Le
bénévolat pour l’accompagnement social est donc implicitement encouragé, ce qui
compte tenu des publics accueillis dans les AI pose la question du
professionnalisme.
· Les
activités des associations intermédiaires : encadrement et limitation
La
loi a fait disparaître la clause dite de non concurrence, qui leur interdisait
d'intervenir pour des activités déjà assurées par l'initiative privée ou
publique. Les associations intermédiaires peuvent donc désormais procéder à des
mises à disposition dans tous les secteurs d'activité.
Cependant,
il doit s'agir de travaux pour exécuter des tâches précises et non durables.
Les
mises à disposition de CES ou de CEC par les associations intermédiaires ne
sont plus admises. Les associations intermédiaires peuvent en principe
continuer à utiliser ces contrats pour leur propre fonctionnement.
Les
associations intermédiaires agréées pour les emplois familiaux devront se plier
à la condition d’exclusivité concernant ces activités à partir du 1er janvier
2000.
La
circulaire recommande de “ mettre en
place des associations "emplois familiaux" qui pourront embaucher les
salariés des AI ayant acquis une expérience dans ce domaine d'activité. ”
Les
associations intermédiaires qui organisent des chantiers d'insertion devront
désormais les développer dans des structures autonomes (ou à titre exceptionnel
avec une comptabilité séparée).
Les
mises à disposition en entreprise[5] sont beaucoup plus encadrées qu’auparavant :
-
seules les associations intermédiaires qui ont conclu une convention de
coopération avec l'ANPE peuvent effectuer des mises à disposition en entreprise
;
-
une même mise à disposition pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire
ne pourra dépasser une période maximale d'un mois auprès d'un même employeur
avec un seul renouvellement possible après accord de l'ANPE si le
renouvellement s'avère nécessaire pour l'insertion du salarié.
La
durée totale de l'ensemble des périodes pendant laquelle un même salarié peut
être mis à disposition auprès d'un ou plusieurs utilisateurs ne peut excéder
240 heures au cours des douze mois suivant la date de la première mise à
disposition.
La
circulaire recommande la transformation en ETTI – ou le rapprochement dans le
cadre d’ensembliers - pour les AI qui effectuent principalement des mises à
disposition en entreprises.
Ces
dispositions impliquent plusieurs difficultés pour les AI :
-
Les mises à disposition en entreprise sont limitées, or elles constituent en
général une grande partie des heures travaillées : les recettes des AI
vont donc diminuer et en conséquence leur possibilités de financer des
postes de permanents.
-
La transformation en ETTI recommandée par la circulaire ne sera possible que
pour les AI les plus importantes, en particulier celles qui pourront justifier
de la garantie financière de plus de 540 000 F exigée. Il faudra aussi obtenir
le conventionnement auprès du CDIAE et les financements pour les postes
d’accompagnement devront être suffisants. Pour les autres, il faudra expliquer
à la personne en insertion, mais aussi au client entreprise pourquoi la mise à
disposition doit cesser à un moment donné.
-
Le rapprochement avec les ETTI pose d’abord la question de l’existence de ces
structures dans l’environnement géographique de l’AI : en moyenne en
France, il y a 1 ETTI pour presque 10 AI...
-
La condition d’exclusivité pour les emplois familiaux devrait entraîner la
“ filialisation ” de cette activité dans des structures autonomes.
Autrement
dit, il reste aux associations intermédiaires des possibilités de mise à
disposition bien minces, et pose la question de la pérennisation des structures
les plus petites, et du devenir des publics en difficulté.
Les
autres structures (régies de quartier, chantiers insertion, CAVA…) sont
quasiment ignorées par la loi, si ce n’est pour les procédures de
conventionnement des structures et d’agrément des publics par l’ANPE,
nécessaires pour bénéficier des aides. En
particulier, la question du statut de salarié pour les personnes
employées en CAVA n’est pas résolue.
23. Des
procédures contraignantes
· Le
conventionnement des structures
Le
conventionnement est désormais obligatoire pour bénéficier des aides et des
exonérations de charges sociales, pour toutes les structures d'insertion par
l'activité économique, quel que soit leur type d'activité ; il est délivré
par le Préfet après avis du CDIAE.
Le
préfet peut également conventionner des organismes au titre du secteur de
l'utilité sociale, ce qui leur permet de recourir aux CES ou aux CEC :
cela concerne les CHRS, les régies de quartier et les chantiers insertion.
· Un agrément
préalable des publics par l'Agence nationale pour l'emploi
Les structures doivent conclure des conventions de coopération avec l’ANPE, pour définir les rôles respectifs de chacun des acteurs.
Ces
conventions sont négociées localement entre l'ANPE et les différentes
catégories de structures, en liaison avec la DDASS ; toutefois le CNEI et
le Coorace ont conclu un accord national avec l’ANPE (voir page ).
La loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 a prévu qu'à compter du 1er janvier 1999, les personnes embauchées par les structures d'insertion par l'activité économique doivent avoir été agréées par l'ANPE pour ouvrir droit aux aides et exonérations auxquelles les employeurs peuvent prétendre.
Depuis
le 1er juillet 1999, les associations intermédiaires doivent embaucher des
personnes agréées si elles les affectent à des missions en entreprises pour
plus de 16 heures.
Les
embauches en CES ou en CEC par les structures relevant du secteur développant
des activités d'utilité sociale sont également soumises à cette condition
d'agrément.
L'organisation
et la mise en oeuvre de la procédure d'agrément sont de la responsabilité de
l'ANPE.
Elle
doit apporter “ une garantie que les
structures recrutent effectivement les personnes les plus éloignées du marché
du travail en vue de leur remise à l'emploi ”.
“ L'agrément est une décision du directeur de
l'agence locale, par délégation du directeur général. Il correspond aux trois
principes essentiels suivants :
- il est toujours lié à une proposition
effective d'embauche,
- il est préalable à l'embauche et
dépend des résultats d'un diagnostic individuel portant sur la situation
sociale et professionnelle de la personne concernée,
- il désigne l'employeur, lequel doit
être conventionné au titre de l'insertion par l'activité économique. ”
L’agrément est valable pour une période de 24 mois durant laquelle un parcours
d’insertion peut donc être construit avec un ou plusieurs employeur(s)
successif(s) qui bénéficieront des aides prévues selon le type de structure.
· L’agrément
ANPE : selon quels critères et dans quels délais ?
La
procédure d’agrément des personnes en insertion est placée sous la
responsabilité de l’ANPE.
La
circulaire précise :
“ En aucun cas, des structures employeurs de
l'insertion par l'activité économique ne peuvent assurer elles-mêmes le
diagnostic des personnes qu'elles sont susceptibles d'embaucher par la suite.
Toutefois il est fréquent que ces
employeurs accueillent directement des personnes en difficulté.
Il leur revient alors de les adresser à
l'agence locale pour l'emploi afin que celle-ci procède à l'ensemble du
diagnostic qui pourra, le cas échéant, s'appuyer sur des éléments que la
structure aura portés à sa connaissance. Cette première instruction par l'ANPE
permettra, si la personne intègre effectivement une structure d'insertion par
l'activité économique, de délivrer l'agrément sans délai. ”
“ Sans
délai ” est bien le terme puisqu’aucun délai n’est imposé aux agences pour
l’emploi pour la procédure d’agrément (dans les mesures transitoires
applicables jusqu’au 1er juillet 1999,
il était de cinq jours).
Pour
les AI et les ETTI, ce vide juridique entraîne les plus grandes difficultés
face aux demandes des clients d’une part, et aux attentes des éventuels
bénéficiaires d’autre part.
Par
ailleurs, les critères d’agrément ne sont pas précisés : la circulaire
désigne comme prioritaires les personnes les plus éloignées de l’emploi, mais
les caractéristiques objectives prises en compte traditionnellement dans les
agences pour l’emploi (durée de chômage, absence de qualification...) ne sont
pas toujours applicables aux publics de l’insertion par l’activité économique.
Le diagnostic social nécessaire ne peut pas toujours être assuré par les agents
de l’ANPE qui ne sont pas formés pour. Cela risque d’entraîner des refus préjudiciables
aux personnes concernées.
· Pour les
publics en insertion : des risques d’effets pervers
Il
y a manifestement de la part des pouvoirs publics une volonté de construire des
parcours d’insertion aboutissant rapidement à l’emploi classique.
La
circulaire encourage explicitement le passage en ETTI pour les salariés des AI
au-delà de ces durées de mise à disposition en entreprise :
“ Ainsi, les personnes ayant bénéficié de 240
heures de mises à disposition en entreprise par le biais d'une association
intermédiaire doivent être considérées comme pouvant relever d'un mode de
placement plus proche des conditions ordinaires du marché, en l'occurrence
celui mis en oeuvre par les entreprises de travail temporaire d'insertion. ”
Les
personnes les plus proches de l’“ employabilité ” vont bénéficier
d’un cadre plus rigoureux qui peut permettre d’accélérer le processus
d’insertion, mais à plusieurs conditions :
-
ces personnes devront être agréées par l’ANPE, censée par ailleurs agréer les
personnes “ qui en ont le plus
besoin ” : comment ce “ critère ” sera-t-il
interprété ?
-
le passage en AI devra pouvoir être relayé au-delà de la mise à disposition
légale en entreprise,
-
les entreprises classiques devront être prêtes à embaucher !
Pour
les publics les plus en difficulté, ces dispositions risquent d’avoir des
effets pervers :
-
l’agrément par l’ANPE qui doit être préalable à toute embauche peut apparaître
comme un “ examen de passage ” supplémentaire, d’autant plus qu’aucun
recours n’est possible en cas de refus,
-
les limitations des mises à disposition en entreprise pour les AI peuvent être
très décourageantes si elles ne sont pas suivies d’un passage en ETTI, ou d’une
formation ; or sur ce dernier point, rien n’est vraiment prévu si ce n’est
la possibilité pour les AI de recourir aux contrats d’orientation ou aux SIFE
(stages d’insertion et de formation à l’emploi), mais dans ce dernier cas, le
statut de stagiaire de la formation professionnelle est incompatible avec celui
de salarié.
Au-delà
de 240 heures de mise à disposition en entreprise (ou un mois et demi à plein
temps), une personne en difficulté est-elle vraiment en mesure de basculer dans
des dispositifs “ plus proches de l’emploi classique ” ? Dans le
cas contraire, que pourra-t-on lui proposer ?
24. Les
conséquences en Languedoc-Roussillon.
En
l’état de nos connaissances, la situation est assez difficile pour les
entreprises d’insertion et les entreprises de travail temporaire d’insertion.
· La mise en
place des CDIAE
Les
structures de l’insertion par l’activité économique seront représentées dans
les CDIAE de la région, avec des statuts variés :
-
en tant que titulaires parmi les personnes qualifiées : c’est la solution
la plus avantageuse, mais compte tenu du nombre de places (5), tous les réseaux
ne peuvent pas toujours siéger ;
-
on a eu alors recours aux suppléants ;
-
dans d’autres cas, les structures de l’IAE seront parmi les
“ invités ”, avec une participation sans droit de vote.
La
circulaire DGEFP prévoit en effet que “ le CDIAE peut, sur proposition de son président, associer à ses travaux
toute personne susceptible d'y apporter une contribution utile. ”
· Les
agréments ANPE
L’obligation
concernant les procédures d’agrément des publics par l’ANPE a donné lieu à des
accords cadre au niveau national entre l’ANPE et les deux principaux réseaux
(CNEI et Coorace).
Ils
sont quasiment identiques et définissent de façon assez large les conditions de
la coopération entre l’ANPE et les structures de l’insertion par l’activité
économique.
Ces
accords ne précisent pas les modalités des procédures d’agrément des publics en
insertion, qui doivent être négociées au niveau local.
En
Languedoc-Roussillon, les agréments posent beaucoup de problèmes aux
associations intermédiaires et aux entreprises de travail temporaire
d’insertion.
Une
enquête régionale a été effectuée au début du mois de juillet 1999 par le
Coorace auprès des AI et des ETTI adhérentes.
Menée
rapidement pour préparer une rencontre régionale avec un représentant du
Ministère de l’emploi, elle donne néanmoins des résultats intéressants.
Sur
358 demandes d’agrément transmises aux agences locales pour l’emploi, 52 %
étaient restées sans réponse 6 jours plus tard. Ce délai peut paraître court
pour une démarche administrative, mais il faut garder à l’esprit l’activité
concernée, c’est-à-dire la mise à disposition auprès d’entreprises ; ces
dernières sont souvent confrontées à des situations d’urgence qui ne peuvent
attendre, et elles vont certainement renoncer à s’adresser aux structures
d’insertion dans ces conditions.
40
% ont donné lieu à des accords et 8 % à des refus, dont aucun n’est motivé par
écrit ni n’a été suivi d’une offre quelconque de la part de l’ANPE.
Parmi
les raisons de refus parfois surprenantes, on peut trouver : la non
inscription à l’ANPE, ce qui est contraire à la circulaire DGEFP, ou encore le
fait qu’un jeune de moins de 25 ans titulaire d’un baccalauréat scientifique
“ a un diplôme qui doit lui permettre de trouver un emploi ” sans
passer par une structure d’insertion...
Les
AI interrogées ont parfois effectué la mise à disposition malgré le silence de
l’ANPE, en risquant du coup de ne pas bénéficier des exonérations de charges.
Elles
se trouvent confrontées au désarroi voire à la colère des personnes sans
emploi, et à l’incompréhension des éventuels employeurs ; les uns et les
autres risquent de contourner la difficulté par le travail clandestin.
Les
ETTI se heurtent aussi à cette difficulté, à tel point qu’une d’entre elles a
préféré ne pas demander de renouvellement de son conventionnement et est
devenue une entreprise de travail temporaire classique. Les publics accueillis
seront-ils toujours les mêmes ?
· L’évolution
des structures
Plusieurs
associations intermédiaires ont d’ores et déjà cessé leurs activités, ou ont
été “ absorbées ” par des structures plus importantes.
Les
projets de transformation d’AI en ETTI sont assez peu nombreux, compte tenu
principalement de l’insuffisance de la surface financière de la plupart des AI
dans la région.
La
construction d’ensembliers suppose la présence d’ETTI. Or sur les cinq en
activité au 31.12.98, une est devenue une ETT classique, et une autre a cessé
ses activités (il s’agissait pourtant d’une ETTI du réseau Id’ees, bénéficiant
du soutien d’Adecco).
Les
créations prévues ne compenseront pas nécessairement ces disparitions, en
particulier dans l’Hérault.
Nous n’avons pour le moment que peu de recul sur
l’application de la réforme de l’insertion par l’activité économique.
Les
intentions du gouvernement de développer le secteur de l’insertion par
l’activité économique dans un cadre plus rigoureux ne sont pas à remettre en
question. Mais il semble que pour une région comme le Languedoc-Roussillon,
dans laquelle les structures sont encore fragiles et le secteur de l’IAE peu
développé, l’effet déstabilisation a été plus important que l’effet
consolidation.
Ce
premier constat assez pessimiste évoluera peut-être dans les prochains mois
grâce en particulier à une collaboration plus importante des structures avec
l’ANPE.
Plusieurs
limites apparaissent dans cette réforme :
- les dispositions légales et réglementaires sont
manifestement plus favorables aux EI, par souci sans doute de privilégier des
structures jugées plus “ efficaces ” sur le plan du retour à l’emploi
classique : la logique “ quantitative ” a pris le pas sur la
logique “ d’itinéraire ” ; or, le rôle des associations
intermédiaires dans l’accueil et le suivi des publics en difficulté ne pourra
pas toujours être assumé par les entreprises d’insertion qui sont confrontées
aux contraintes de la concurrence ;
- les publics ont été largement ignorés, principalement
les plus éloignés de l’emploi classique et pour tous en ce qui concerne la
formation.
Globalement,
cette réforme vise selon nous à “ replacer ” l’insertion par
l'activité économique dans le cadre strict de la politique de l’emploi, avec un
contrôle de l’ANPE.
Les
comportements des acteurs peuvent néanmoins permettre de faire contrepoids afin
de mieux prendre en compte les autres dimensions de l’insertion par l'activité
économique (en particulier son rôle dans le développement local), ainsi que les
intérêts des publics.
3.
PLACE ET ROLE DES ACTEURS
Dans cette optique, la coopération entre les
différentes structures, des partenariats équilibrés avec les entreprises
classiques ainsi que l’implication des publics paraissent être des pistes de
réflexion intéressantes.
31. La diversité des structures, une
richesse potentielle à mettre en valeur au-delà des divergences
Plusieurs
réseaux regroupent aujourd’hui les structures de l’IAE, le plus souvent en
fonction de leur statut (EI, ETTI, AI...) : CNEI, Coorace, CNLRQ, FNARS ou
CNCE-GEIQ, ...
Chaque
réseau met en avant une identité spécifique et des préoccupations
particulières, ce qui est légitime mais peut conduire à des
“ positionnements ” contradictoires qui affaiblissent les structures.
Les
réactions du CNEI[6] et du Coorace[7] face aux dispositions de la loi contre les exclusions
sont assez révélatrices ; elles n’ont pas permis de négociation concertée
avec le ministère, ce qui est regrettable.
Pourtant,
dans certaines régions, il existe des organismes regroupant les différentes
structures et éventuellement d’autres partenaires, qui fonctionnent plutôt
bien : Union régionale des structures de l’IAE en Alsace par exemple, ou
IRIS (Initiative régionale pour l’insertion et la solidarité) en
Poitou-Charentes. Ces initiatives demandent à être multipliées, car elles
permettent de dépasser les clivages parfois artificiels entre réseaux et
d’impliquer les partenaires, en particulier les entreprises classiques.
32. Des partenariats avec les
entreprises classiques à consolider avec le souci des publics
Les relations avec les entreprises classiques ont évolué ces dernières années de la méfiance à une coopération qui peut encore être améliorée.
C'est
d’abord l'existence de l’accompagnement social qui a permis de lever
l’accusation de concurrence déloyale : les entreprises classiques se sont
rendu compte que le fait de salarier des publics en difficulté induisait
réellement des contraintes qu’elles ne subissent pas.
Par
ailleurs, l'avis du Conseil de la concurrence du 5 janvier 1994 relève que
“ les textes législatifs et
réglementaires n'instaurent aucun marché réservé ou privilégié pour ces
entreprises d'insertion par l'économique, et (qu')en définitive, rien n'établit
que, sur les &marchés concernés, le jeu normal de la libre concurrence soit
faussé par l'octroi des subventions accordées aux entreprises d'insertion par
l'économique ”[8].
Au-delà,
les entreprises classiques peuvent trouver avantage à l’existence des
structures d’insertion : “ grâce
à des compétences acquises, les organisations d’insertion peuvent sélectionner
et former les travailleurs désavantagés à des coûts inférieurs à ceux d’autres
entreprises ; d’autre part, les entreprises traditionnelles se servent de
la médiation de ces organisations et n’ont pas à supporter les coûts engendrés
par une embauche directe de travailleurs désavantagés ”[9].
Les
activités des structures d’insertion et des entreprises classiques sont souvent
complémentaires, ce qui permet les partenariats : de la simple
sous-traitance aux accords plus complets, comme celui établi entre le CNEI et
la Federec (fédération professionnelle dans le secteur du recyclage) qui se
place dans la perspective de développement d’une filière d’activité.
33. Une participation active des publics
à développer
L’insertion
par l'activité économique relève pour nous de l’économie sociale, mais les
pratiques des structures en sont parfois éloignées. En particulier, la
participation des “ bénéficiaires ” n’est pas toujours assurée ;
elle n’est institutionnalisée que dans les régies de quartier avec la présence
dans les conseils d’administration des habitants du quartier (avec beaucoup de
difficultés dans la pratique).
Cette
participation active pose en effet un certain nombre de questions :
- les salariés en insertion peuvent être adhérents de la
structure lorsque celle-ci a choisi la forme associative, mais comment faire
dans le cas d’une forme juridique commerciale ?
- par ailleurs, la logique de “ sas ” vers
l’emploi classique implique un passage relativement court dans la
structure ; est-ce compatible avec le statut d’adhérent ?
- ne vaudrait-il pas mieux développer la syndicalisation
de ces salariés, avec peut-être une forme adaptée à élaborer ?
Ces
questions renvoient en effet au rôle des syndicats de salariés. La plupart des
syndicats en France ne considère l’insertion par l'activité économique que
comme un secteur de précarité, voire comme un concurrent du “ vrai ”
emploi et ne souhaite donc pas son développement. Il y a d’ailleurs eu
plusieurs litiges entre syndicats et structures d’insertion. La CFDT semble
depuis peu s’intéresser à la question, en particulier dans le domaine des
emplois de proximité. Une réflexion syndicale plus large sur l’insertion par
l'activité économique permettrait sans doute de mieux prendre en compte les
besoins des publics.
Une réelle implication des salariés en insertion
permettrait aussi sans doute de progresser vis-à-vis de la question de leur
professionnalisation, par ailleurs essentielle. Cela pose le problème de la
formation, et de la création de diplômes adaptés et reconnus – ce qui nécessite
un engagement public. Sans cela, on risque d’alimenter “ la confusion (…) fréquemment établie entre
promotion de nouvelles formes d’emploi et d’activité, d’une part, opportunité
d’intégration des chômeurs rejetés par le secteur productif, d’autre part,
alors que ces derniers, en situation
chronique d’insécurité économique et sociale, paraissent les plus mal placés
pour expérimenter des formes innovantes et peu définies de participation à
l’activité économique ”[10].
Au-delà des volontés des acteurs,
l’attitude des pouvoirs publics reste au centre des évolutions possibles de
l’insertion par l'activité économique : selon les choix effectués au plan
politique, l’IAE peut devenir un instrument parmi d’autres de la politique de
l’emploi, ou bien être reconnue comme un acteur de la lutte contre l’exclusion
mais aussi du développement local.
La
mise en place de partenariats et l’implication des pouvoirs publics au niveau
local peuvent contribuer à cette reconnaissance, en particulier pour ce qui est
du développement d’activités nouvelles.
Dans
le domaine de l’environnement comme dans celui des services de proximité, les
structures de l’insertion par l'activité économique ont
“ naturellement ” trouvé leur place là où ni les entreprises
classiques, ni le secteur public n’intervenaient à la hauteur des besoins
constatés.
La pérennisation de ces activités soulève la
question de la solvabilisation de la demande dans ces secteurs, qui alimente de
nombreux débats[11] que nous ne pouvons développer ici et qui dépassent
le seul secteur de l’insertion par l'activité économique.
Il
s’agit de choix à effectuer entre la création de marchés pour une clientèle
suffisamment solvable (y compris grâce à des aides, fiscales par exemple), le
financement public direct, ou le soutien à des initiatives citoyennes et
solidaires.
Ces
trois options ne sont pas nécessairement exclusives les unes des autres, mais
la dernière nous paraît incontournable pour répondre à des besoins réels grâce
à des moyens adaptés - même s’ils paraissent au départ “ décalés ”
par rapport aux “ normes ” reconnues.
Encore
faut-il une intervention publique qui agisse avec une volonté de réel
partenariat plutôt que de pur contrôle administratif…
ANNEXE
Enquête septembre 1998 : tableaux récapitulatifs
|
Dépt |
Nom |
Type |
Création |
Statut |
Activité principale |
Clients |
Formation |
Part CA |
Financements |
Réseau |
|
11 |
SYNERGIE 11 |
EI |
02.08.92 |
Ass 1901 |
Bâtiment |
Tous |
AFPA |
|
Ddtefp, Ddass, CG |
CNEI |
|
34 |
NAUMAC'S |
EI |
01.96 |
SARL |
Fabrication jeux |
Coll loc 55 % |
Greta |
55% |
Ddtefp, Ddass, CG, PLIE |
CNEI |
|
48 |
ALTER |
EI |
.85 |
Ass 1901 |
Bâtiment |
Part 80 % |
|
|
Ddtefp, Ddass, CG, Justice |
Non |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
30 |
Prof Sport 30 |
AI |
28.01.92 |
Ass 1901 |
MAD Sport Anim |
Ass - Coll loc |
Agefos PME |
|
|
Non |
|
34 |
Prof Sport AE 34 |
AI |
.90 |
Ass 1901 |
MAD Sport Anim |
Assoc 80 % |
CREPS |
|
Ddtefp, CG |
Coorace |
|
48 |
ARA |
AI |
10.94 |
Ass 1901 |
MAD Sport Anim |
Ass - Coll loc |
Greta |
80% |
Ddtefp, CG, divers |
Ass Prof sport |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
11 |
SERTOA |
AI |
22.04.88 |
Ass 1901 |
MAD Agricole |
Expl. agric. |
|
88% |
Ddass, CG, Cnasea |
Coorace |
|
66 |
SRR |
AI |
29.08.90 |
Ass 1901 |
MAD Agricole |
Expl. agric. |
|
|
|
Non |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
11 |
DES |
AI |
.87 |
Ass 1901 |
Aide dom |
Tous |
|
|
Ddass, CG |
Coorace |
|
11 |
Emploi et Partage |
AI |
.87 |
Ass 1901 |
Ent. aide dom |
|
|
|
|
|
|
11 |
ENTRAIDE |
AI |
10.94 |
Ass 1901 |
Bât / Aide dom |
Part - coll loc |
AFPA |
71% |
CG, Commune |
Coorace |
|
30 |
AIAT |
AI |
17.05.88 |
Ass 1901 |
Emplois fam |
Part 99 % |
|
100% |
|
Non |
|
34 |
AI STEFI |
AI |
05.94 |
Ass 1901 |
Bât / aide dom |
Tous |
|
|
|
Coorace |
|
34 |
INTERMAIDE |
AI |
03.11.87 |
Ass 1901 |
Bât / aide dom/ent |
Coll loc 94 % |
Formaide |
100% |
|
Non |
|
48 |
ALOES |
AI |
01.07.92 |
Ass 1901 |
MAD |
Entreprises 86 % |
|
95% |
CG, Cnasea |
Coorace |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
30 |
Bagnols Régie |
RQ |
10.96 |
Ass 1901 |
Ent. env. bât |
HLM - coll loc |
|
|
Ddtefp, Ddass, CG |
CNLRQ |
|
Dépt |
Nom |
Type |
Per-ma-nents |
Sta-tuts |
Bé-né-voles |
Ac-cueil |
Inser-tion |
H % |
F % |
< 25 % |
25-50 % |
>50 % |
CLD % |
RMI % |
Heures structure |
ETP* |
Sorties Emplois % |
Statuts emplois |
Sorties Formation % |
|
11 |
SYNERGIE 11 |
EI |
4 |
CDI |
5 |
|
5 |
100 |
|
20 |
60 |
20 |
40 |
60 |
|
|
60 |
CDI, DD |
20 |
|
34 |
NAUMAC'S |
EI |
3 |
CDI |
6 |
|
4 |
75 |
25 |
50 |
50 |
|
100 |
50 |
|
|
50 |
CDI |
|
|
48 |
ALTER |
EI |
8 |
CDI |
|
|
16 |
80 |
20 |
|
|
|
|
|
|
|
50 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
30 |
Prof Sport 30 |
AI |
2 |
CDI |
3 |
|
160 |
56 |
44 |
31 |
54 |
15 |
|
3 |
95000 |
52 |
3 |
CDD |
|
|
34 |
Prof Sport AE 34 |
AI |
9 |
CDI |
10 |
|
693 |
43 |
57 |
46 |
52 |
2 |
|
6 |
150676 |
83 |
|
|
|
|
48 |
ARA |
AI |
6 |
CDI |
2 |
|
71 |
68 |
32 |
45 |
52 |
3 |
|
1 |
15481 |
8,5 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
11 |
SERTOA |
AI |
5 |
CDI |
10 |
623 |
251 |
73 |
27 |
19 |
69 |
12 |
79 |
39 |
48273 |
26,5 |
29** |
|
7** |
|
66 |
SRR |
AI |
0 |
|
1 |
|
20 |
85 |
15 |
25 |
65 |
10 |
75 |
5 |
4756 |
2,5 |
40 |
CDD |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
11 |
DES |
AI |
2 |
CDI |
1 |
175 |
81 |
25 |
75 |
16 |
70 |
14 |
|
33** |
11790 |
6,5 |
21 |
Tous |
2 |
|
11 |
Emploi et Partage |
AI |
7 |
|
2 |
550 |
238 |
41** |
59** |
25 |
67 |
8 |
|
23** |
34400 |
19 |
20 |
Tous |
5 |
|
11 |
ENTRAIDE |
AI |
3 |
CDI |
4 |
134 |
|
48** |
52** |
21 |
72 |
7 |
56 |
20** |
8562 |
4,5 |
13** |
Tous |
6** |
|
30 |
AIAT |
AI |
1 |
CIE |
4 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
16000 |
9 |
|
|
|
|
34 |
AI STEFI |
AI |
2 |
CDI |
4 |
|
125 |
48 |
52 |
26 |
58 |
17 |
30 |
34 |
17000 |
9,5 |
50 |
|
20 |
|
34 |
INTERMAIDE |
AI |
8 |
CDI |
1 |
754 |
543 |
69 |
31 |
26 |
71 |
3 |
95 |
30 |
81715 |
45 |
20 |
Tous |
2 |
|
48 |
ALOES |
AI |
3 |
|
0 |
426 |
240 |
71 |
29 |
48 |
50 |
2 |
9 |
|
32323 |
17,5 |
15 |
Tous |
6 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
30 |
Bagnols Régie |
RQ |
|
CDI |
17 |
|
45 |
33 |
67 |
9 |
82 |
9 |
60 |
40 |
|
|
33 |
CDD |
10 |
* 1 Equivalent Temps Plein = 1820 h
** Calculé sur les personnes accueillies
[11] Voir en particulier le débat sur le développement des services de proximité